Vous n’avez pas encore votre profil établi sur LinkedIn et Facebook ? Pas de compte sur Viadeo et Copainsdavant ? Vous êtes sur de comprendre quelque chose de la société dans laquelle vous évoluez ?

(WOW ! Vous avez vu tous les posts sur Social Networking ? Pourquoi j’en ajouterai encore un ? MMMM….. parce que cela m’intrigue, parce que cela me passionne. Pour le temps que cela dure, d’ailleurs. Comme un vrai contemporain quoi. L’ère du temps. Après quoi on passera à autre chose.)

Voilà, je me suis à me faire connaître sur le net. Il y a longtemps déjà. Et, sans exagération, je connais beaucoup de monde. Pourquoi ça ne marche pas efficacement pour moi, pour le travail ? Dans mon cas, parce que je n’ai jamais appris à me faire l’image virtuelle de mon réseau, dans ma tête. Donc je ne sais pas trop qui appeler pour quoi. En surplus, j’ai horreur du téléphone, je préfère écrire. Et networking n’est pas un truc qu’on vous apprend aux Beaux-arts :-).

Bref, on évolue, moi y compris. Je me suis inscrite sur LinkedIn et j’ai commencé à me faire mon réseau. Super drôle, de retrouver un ancien copain de classe rédacteur en chef d’un journal néerlandais en ligne, un autre qui est Head of Strategy for Electronic Communications and Energy at Ministry of Economic Affairs - oui, tout se passe en anglais sur LinkedIn. Car le truc est : c’est de l’international.

Je dois avouer que ma liste de connections est pluriforme : non seulement on y trouve des types français et néerlandais, mais de tout bords et de tous les métiers. Des ‘CEO’ et ‘Senior Strategy advisors’, comme des développeurs. Mais surtout, beaucoup de gens comme moi, qui essayent de faire marcher leurs affaires.

Et beaucoup d’amis :-). Pas bon ça, pour le boulot. Quoique… Si l’on regarde ce vidéo, qui explique bien le pourquoi du Social Networking et des amis, car les amis des amis, bref, ça vaut la peine !

Vidéo produit par CommonCraftShow

J’ai été “lazy” pendant quelques mois… histoire d’observer, mais de plus loin, les aléas de la politique et de la société. Mis à part que la France a réussi à fixer la semaine du goût dans la semaine où tombait la journée mondiale contre la faim (bravo !) en automne dernier, je ne semble pas avoir grande chose à ajouter aux commentaires des uns et des autres. C’est peut-être le résultat, imprévu, d’un président comme le nôtre : tout est sujet à débat et commentaire, et les français ne s’en privent pas ces derniers temps.

A huit jours des élections municipales et cantonales, phrase populaire ces jours-ci, j’aimerai tout de même mener une réflexion par rapport à un sujet qui m’est important : la structure de la république et ses couches administratives superposées.

Il y en a trop, beaucoup trop. Voilà. C’est dit. Je le dis depuis des années et ce qui est encourageant : cette notion semble être portée par un nombre de plus en plus croissant de co-citoyens. La France à elle seule compte presque la moitié des communes dans la Communauté Européenne (en 2004 : 75.000 communes, dont la France : 35.568, soit 47,5% du total pour 16% de la population). A titre de comparaison : les Etats Unis d’Amérique comptent 35.937 communes pour un territoire 14 fois plus grand et une population cinq fois plus importante.

Cela veut dire qu’aujourd’hui, les communes comptent en moyenne une population de 1 542 administrés. Selon Wikipedia, en France métropolitaine, 31 927 communes ont moins de 2 000 habitants (regroupant 25,3% de la population totale), 3 764 entre 2 000 et 10 000 habitants (25,5%), 762 entre 10 000 et 50 000 habitants (25,3%), 102 entre 50 000 et 200 000 habitants (14,4%), 10 plus de 200 000 habitants (8,9%). Par ailleurs, plus de 10 000 communes ont moins de 200 habitants.

De ces quelques 6 782 communes en France (au 1er mars 2007), les Deux-Sèvres en compte 305, dont 82 se trouvent en Pays Mellois, dans le sud des Deux-Sèvres.
Pourquoi je les mentionnerai ? Car le Pays Mellois est un territoire comparable avec mon village natal, Veldhoven, dans le sud des Pays-Bas, dans la province de Brabande du Nord.
A peu près 48 000 habitants sur un territoire comparable pour les deux. Sauf qu’à Veldhoven, il y a UN maire, et UNE mairie, grande, certes, mais avec une équipe professionnelle de fonctionnaires de tous genres.

Au Pays Mellois on connaît 82 maires, avec 82 mairies, 82 secrétaires de mairie (sans plan de formation, à mon avis), 82 conseils municipaux, enfin, toute une équipe diriez-vous. Sur ce, se sont greffées 5 Communautés de Communes, à qui des compétences ont été transférées par ces communes. Pas les mêmes pour chaque CdC, cela va de soi. Pourquoi faire facile si on peut faire difficile.

L’argument final que j’entends souvent est la proximité et, selon notre maire, “la paix social”. La sacro-sainte proximité. Encore un exemple de faux romantisme. Car c’est quoi exactement, la proximité ?
La possibilité d’aller voir le maire si vous avez un pépin à régler avec votre voisin. Ou si vous avez une idée. Ou si vous n’êtes pas d’accord avec lui. Et l’inverse aussi : la possibilité qu’a le maire d’aller voir ses habitants. Argument uniquement valable en campagne, car dans les villes, où ont été mis en place des Communautés d’Agglomération qui fonctionnent à fond, cela n’est plus forcément le cas. (Où est l’autre valeur dans tout cela, la sacro-sainte Egalité ?)

Le deuxième argument est le fait que les communes, messieurs et mesdames, datent de la révolution ! Et bien oui. Difficile de réorganiser le système des communes, me dit-on, car c’est une histoire vieille de deux cents ans. Elles se sont créées à partir des anciennes paroisses. A l’heure de la Révolution Française, la taille des communes devait permettre d’aller au centre bourg, voir le maire, dans la matinée pour chaque administré, où il se trouvait dans la commune. Cette notion devrait bel et bien évoluer avec les temps modernes, où la mobilité est chose faite pour une bonne partie de la population, même en milieu rural, me semble-t-il.
Et en quoi les petites communes seraient les garants de la démocratie, comme disent certains ? Pas compliqué d’inventer d’autres systèmes de représentativité des citoyens. Et en surcoût, plus d’égalité entre citoyens des campagnes et des villes.

Quelle est l’opportunité qui s’offre à la France ? Le Rapport Attali parle du renforcement des régions et de la disparition des départements (dans dix ans !). Il dit aussi quelque chose sur les communes (mais cela n’a pas été répertorié par les médias de masse), notamment de l’élection du président et des conseillers d’agglomération (les actuelles Communautés de Communes) au suffrage universel et du système des dotations versées directement par l’Etat aux communes aujourd’hui et demain, plutôt aux nouvelles collectivités.

Imaginons-nous un gouvernement qui aurait le courage d’instaurer un dynamisme de regroupement des communes en mileu rural, afin d’aller vers des communes de taille des Communautés de Communes d’aujourd’hui (au moins…). Un système d’action entre Communautés de Communes (Agglomérations, selon Attali), à l’échelle des pays actuels et Région.

L’opportunité serait celle de repenser les champs d’action, les dépenses et revenus, les opportunités pour tous ceux concernés, bref : réinventer une nouvelle dynamique. Avec moins de maires, mais des représentants (choisis ?) des communes actuelles et fondée sur le travail des jeunes diplômés fonctionnaires qui pourraient remplacer le travail des bénévoles citoyens élus conseillers municipaux d’aujourd’hui. Qui eux, ne seraient certainement pas devenus superflus… chers élus, ne vous inquiétez surtout pas et ne vous imaginez surtout pas que vous aurez du temps pour faire vos jardins : on trouvera de quoi vous occuper :-) !
Car gérer une commune aujourd’hui, même de petite taille, n’est pas une mince affaire.

Vous savez ce qui est le plus étonnant dans cette histoire ? A Veldhoven, où habite encore ma famille et que je suis donc de loin, le sentiment de “l’appartenance à sa communauté”, au sens propre du terme, est aussi vivant que dans mon petit village de Sepvret, en Pays Mellois…

En fait, c’est un article que je devrais écrire en néerlandais, car les lecteurs néerlandais seraient stupéfaits :-).

Coup de fil hier, d’un de nos enfants aux Pays-Bas. ‘Avez-vous vu la vidéo de votre président, qu’on nous a montrée aux informations de vingt heures ?’.

Bien, non, on ne l’avait pas vue. Simple, on ne nous l’avait pas montrée.
Et en effet, pas très rassurant, tout cela. Ni la vidéo, ni le fait qu’aucune grande chaîne ou titre de presse nationale avait repris cette information. Sauf Libération, qui a fait une autre choix.
Pas intéressant du point de vue journalistique ? Pas un sujet d’importance pour le peuple, en plus entre deux tours d’élections législatives ? Moins important que le jogging, la famille, les vacances peut-être ?
La grande question qui se pose, est de savoir si les médias ont vraiment pensé que ces images n’avaient aucune importance, s’ils se sont soumis à une auto-censure, ou s’il y a eu des interventions.

Le blogosphère a, de nouveau, bien joué son rôle : un des premiers billets a été publié, dès le 9 juin, sur http://www.rue89.com, le site qui a déjà, en peu de temps, publié des scoops considérables.

Depuis, on l’a tous vue, je pense, cette vidéo maudite. Et puis la réponse d’un partisan de Sarkozy, qui doit démontrer que non, il n’est pas saoûl. Je vous laisse juger vous-mêmes. Vous pouvez les voir sur dailymotion.com. Peut-être pas ivre, mais si ce n’est pas le cas, d’autant plus inquiétant que notre président est devenu, pendant un entretien qui a duré une demie heure plus longtemps que prévu, le grand défenseur de Monsieur Poutine. Je pense que j’aurais préféré de l’entendre dire sous l’emprise de l’acool.

Ca doit faire une drôle d’image à l’étranger, ç’est sûr. Mais je n’ai pas l’impression que cela inquiète outre mesure le chef de l’état. (D’ailleurs, à un autre sujet, je commence à sérieusement être fatiguée de cette expression qui revient à chaque fois : “c’est la volonté du Chef de l’Etat”. Oef, nous avons élu une sorte de Dieu comme Chef d’Etat. C’est pourquoi nous serons sauvés, croyez-moi.)

Bref, retour au sujet de ce billet, car je me pose tout de même une autre question intéressante : quand, aux Pays-Bas, la reine ou un membre de la famille royale, ou même un membre du gouvernement (j’ai vu des films non-diffusés il y a des années de çà, d’un premier ministre saoûl), personne aura l’idée de les publier. Personne. Depuis des siècles, pour ainsi dire. Ce n’est pas dans la coûtume, disons. En tout cas, on n’en parlera pas dans les médias les plus habituelles. Le blogosphère respectera-t-il cette mesure d’auto-censure ? Je ne peux pas vous répondre.

Mais pourquoi, pourquoi ne trouve-t-on pas bizarre que cela se fasse comme cela là-bas, alors qu’ici, cette bavure (la non-diffusion) nous fait tous craindre l’emprise du Chef d’Etat sur les médias ?

Surprisssssse : Cécilia a voté !!! Lire l’article sur le blog de Birenbaum…

Pour interrompre les sujets les plus difficiles, voilà une blague qui nous a fait beaucoup rire :

Je passe chez le médécin et il me donne une ordonnance bien rempli et je pense, enfin, il doit vivre, donc : merci docteur.
Je passe à la pharmacie et il me donne un sac rempli de médicaments, que j’accepte, en pensant : lui aussi, il faut qu’il vive.
J’arrive à la maison et je ne prends que la moitié des médicaments en pensant que moi aussi, je veux vivre.

Je vous jure, entendue de la bouche d’un français.

Vendredi prochain, la chaîne de télévision BNN lance une émission dans laquelle la patiente Lisa (pas son vrai nom), 37 ans, en phase terminale d’un cancer du cerveau, va choisir entre trois personnes, toutes atteintes d’une maladie grave d’insuffisance rénale, qui sera le bénéficiaire d’un de ses reins. Aidé par les téléspectateurs, qui peuvent conseiller Lisa par SMS.
Il s’agit donc bien d’une greffe d’une personne vivante, bien que mourante, car l’autre rein fera l’objet d’une donation anonyme après sa mort. Et dans le cas où Lisa mourra avant la greffe du premier rein, l’opération sera annulée, car le premier rein ira, comme la loi le stipule, au premier prétendant sur la liste d’attente, de façon anonyme.

La chaîne BNN reste toujours profondément marquée par son fondateur, Bart de Graaff, acteur célèbre aux Pays-Bas, disparu il y a cinq ans après avoir attendu en vain une greffe de rein pendant des années. BNN est spécialiste d’émissions controversées mais a fait preuve de traiter ces sujets avec un grand respect et en dignité. Emissions qui ont souvent suscitées une grande polémique avant, mais pas toujours après…

Pendant l’émission de vendredi, le téléspectateur sera confronté à la vie des personnes atteintes d’insuffisance rénale, et la chaîne espère ainsi augmenter le nombre de donateurs, voire à faire voter une loi qui désigne toute personne donateur d’organes (il faudra indiquer le contraire si on ne veut pas donner de ses organes). L’objectif de remettre la cause du don d’organes sur le devant de la scène est cause réussie, même plus qu’envisagée. Et à l’échelle de l’Europe entière.

Tous les médias européens expriment la même tendance : show scandaleux, « impossible chez nous », « où va-t-on » et encore une fois, les Pays-Bas sont désignées comme le pays de toutes les libertés, mais pas les bonnes. Politiquement incorrecte.

Le pays dont on parle jamais en bons termes (taux de chômage 3.8%, chômage de jeunes 7% environ, un taux nettement inférieur d’abus de drogues et d’alcool, ou encore un taux inférieur de suicide de jeunes, une culture de franc-parler, pour en citer quelques-unes), mais dont on sait toujours désigner avec ferveur et souvent en méconnaissance de causes, quand il se passe une chose « impensable chez nous ».

Revenons au show : il me semble que pratiquement tout le monde a eu la même réaction, au moins au début : celle d’indignation, et les commentaires n’ont pas épargnés l’émission, dont on connaît certes son contenu, mais toujours pas la forme !

J’avoue que, après avoir fait le tour des blogs et médias français et néerlandais, chacun dans leur propre langue, et en connaissance des deux cultures, je commence à saturer par tous ces commentaires si ‘politiquement correct’, que j’ose voir d’un autre oeil l’émission et ses objectifs.

Sur le site de la Fondation Greffe de Vie, par exemple, on peut ainsi lire que « Il est important de souligner qu’un tel programme ne serait pas envisageable dans notre pays, pour des raisons légales notamment :

- tout d’abord, il bafoue totalement un des grands principes du don d’organes, affirmé par la loi de bioéthique, à savoir l’anonymat entre donneur et receveur.
- De plus, la répartition des organes aux patients en attente s’appuie sur des règles précises, reposant sur des motifs médicaux et des critères d’équité. Elles sont publiées par décrets et ne peuvent donc pas être transgressées.
Notre pays a fait le choix d’entourer les activités de greffe d’organes de multiples garanties règlementaires, qui en font à l’heure actuelle un modèle mondial sur le plan de l’éthique et de la sécurité sanitaire. »

Ouf… on peut être content en France. Néanmoins, je pari que la première des raisons pour laquelle un tel programme ne serait pas envisageable en France, c’est le manque de liberté d’expression et de presse. Ici, le président serait déjà intervenu en personne pour interdire. Comme si souvent, sans les bases légales. Mais avec les tripes. Parce que c’est ce que pensent « les français ».

Soyons clair, si on regarde de près le principe de l’émission, il ne se passent pas de choses interdites par la loi. Le don d’organes est libre à condition que cela se fait pendant que le donateur est encore vivant. C’est uniquement après que la mort soit intervenue que cela devient une acte anonyme ! Certes, ce principe est acceptable quand il s’agit d’un membre de la famille, mais comment réagirait-on si un donateur avait deux personnes dans son entourage qui auraient besoin d’une greffe rénale ? Sur quelles bases ? Et immoral, le choix, entre deux enfants, par exemple ? Qui ose dire qu’il ne ferait jamais ce choix, si l’occasion (souvent triste, certes) se présentait ?

Deuxièmement, concernant les « règles précises et les motifs médicaux », que revendique l’auteur de ce texte, il me semble que les Pays-Bas sont un pays qui connaît autant de réglementations strictes que la France. (Il suffit de voir de près la problématique de l’euthanasie pour voir comment les deux pays traitent une cause difficile de façon différente et là, je préfère l’attitude néerlandaise, avec une réglementation extrêmement stricte et avec moins d’abus et de souffrance de la part de toutes les parties qu’en France.) Ne tombons pas dans le piège des mots faciles, des opinions populistes.
Avant avoir vu l’émission (comme dit ci-dessus, personne ne l’a vue !), ne jugeons pas sur le choix des candidats. Je ne peux pas m’imaginer que ce choix n’a pas été fait sur des critères médicaux. Et enfin, « les critères d’équité »… en France… ?

De Nederlandse Nierstichting (la Fondation pour le don d’organes néerlandaise) se met sur le même principe que son homologue français, quoique un peu plus nuancé, car elle est favorable à l’idée sur le fond, mais pas sur la forme et aux Pays-Bas l’émission a soulevée beaucoup de questions et d’émotions. Les ministres ne sont pas d’accord entre eux et toutes les personnalités dans le domaine se sont exprimées. Le ministre Atsma (CDA, Chrétiens démocrates) a demandé au ministre Plasterk « d’interdire ce type d’émissions dans l’avenir », ce que le ministre a refusé, car contraire à la loi qui dit que les chaînes privées sont responsables des contenus de leurs émissions, à condition que ce contenu ne va pas à l’encontre de la loi.
Sur tous les sites web des grands médias, les lecteurs s’expriment. La question fait rage.

Une des réactions dans le journal NRC est intéressant du point de (ma) vue de la problématique des étrangers : « drôle de voir comment certains néerlandais à l’étranger deviennent aussi réactionnaires et démodés que certains étrangers qui s’installent aux Pays-Bas le deviennent en replongeant dans l’orthodoxie. Il est important de noter que les Pays-Bas expérimentent avec beaucoup de sujets « chauds » une autre voie que les pays limitrophes, autant sur la facilité de financement de projets, la gestion de la question de drogues (ce qui résulte en moins de drogués et moins de morts par la drogue), l’émancipation des homosexuels, l’euthanasie, avortement et la liberté d’expression. Et en effet, cela a conduit à des atrocités à la télé, mais si vous ne souhaitez pas les voir, vous n’êtes pas obligés d’allumer votre poste. Je félicite BNN avec leur audace et les réactions qu’ils ont déjà suscitées (…). »

Affaire à suivre. Rendez-vous devant la télé vendredi soir. Ou non, si vous ne souhaitez pas voir « ce type d’émissions ».
Après quoi on peut se poser la question d’éthique sur le type d’émissions où l’on envoie des couples dans la jungle pour séduire un autre partenaire… sans citer d’autres, qui séduisent tant de spectateurs. Et si la télé était à l’image de notre société… ? Et si dans cette société d’aujourd’hui, les réponses faciles d’autrefois n’étaient plus adaptées pour répondre aux vraies problèmes, si l’ambiguïté serait devenue de règle….?

Oui, Monsieur Sarkozy, vous avez tenu des propos sur lesquels on est tous d’accord. Plus ou moins. Par exemple en ce qui concerne le devoir des étrangers d’apprendre le Français, s’ils veulent rester en France.

J’ai écris un billet sur ce sujet, entre autre concernant les difficultés qu’ils rencontrent à trouver les moyens pour faire ainsi. Difficultés financières et logistiques. On peut espérer que vous aller prendre cela en main.

En revanche, maintenant que vous vous êtes invité à toutes les tables de grande influence du monde, je suppose que vous allez vous mettre au moins à l’apprentissage d’une de ces grandes langues étrangères ? Chinois, Espagnol, Allemand, peut-être ? Sinon, l’Anglais ?

Cela vous aidera à comprendre la différence entre un « yes » et un « yes, but » d’un Monsieur Bush, vous n’allez pas vous confier uniquement aux traducteurs, j’espère ? (D’ailleurs, qui le paye, le pays qui reçoive ou le pays qui envoie ?)

Car, sincèrement, vous ne trouvez pas cela un peu juste ?

J’ai laissé passer quelques jours, pour voir comment mes sentiments évolueraient, après avoir entendu le nouveau Président de la République s’exprimer pour la première fois en publique, le soir même de sa victoire.

Eh bien, les sentiments n’ont guère changés…

J’ai donc pris le temps de saisir des extraits de son discours, car, enlevés de leur contexte, j’ai cru écouter un président(e) de gauche…

« … d’une France qui laisse personne sur le bord du chemin

La victoire elle est bien que quand elle est généreuse

La victoire c’est l’ouverture

La victoire n’a de sens que quand elle est celle de notre pays tout entier

… que les premiers à qui je veux m’adresser sont ceux qui nous ont pas fait confiance car je veux, car je veux qu’ils sachent que je serai le président de la République de tous les français, sans exception

Je veux dire à tous ceux qui souffrent d’injustice, à tous ceux qui ne se sentent pas respectés, à tous ceux qui ont crus dans d’autres discours que le mien, je veux dire que je serai le président qui combattra les injustices

Que je donnerai à chacun sa chance

Chaque français doit être respecté, chacun doit retrouver la dignité de lui-même

Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décévrai pas

Je vous ai promis le plein-emploi, je vais me battre pour le plein-emploi

Je veux faire du combat pour la défense de notre planète une des priorités de la France.

Je veux que partout dans le monde les opprimés, les femmes martyrisées, les enfants emprisonés ou condamnés au travail sachent qu’il y a un pays dans le monde qui sera généreux pour tous les persécutés, c’est la France

Mes chers amis, je ne veux qu’une seule chose, je veux que vous soyez fiers de votre pays, de son histoire,

On a qu’un pays, le sien, on doit l’aimer et on doit le servir. »

Je vous renvoie au blog de Birenbaum et son billet du 30 avril pour relire le discours exprimé par la même personne, à Bercy, juste avant le deuxième tour.

Est-ce moi qui est devenue schizophrène… ?

Entendu à la radio, le lendemain des élections, petite discussion entre deux chefs de rédactions…

« Cela vous arrive, les appels ? »
« Si on est déjà viré, on ne risque pas d’être appelé ».

Le 4 mai, c’est la journée de commémoration de la deuxième Guerre Mondiale version néerlandaise, suivie de la fête de la Libération le 5 mai. Pour revenir à mon billet sur la monarchie et le drapeau : beaucoup de néerlandais mettront leur drapeau en berne le 4 pour le remettre en haut le lendemain.

Cette année, la date coïncide presque avec la publication d’un livre d’une grande importance : la traduction de ‘In Europa’ (‘Voyage d’un Européen à travers le XXe siècle’) écrit par le historien et journaliste Geert Mak (1949), traduit du néerlandais par Bertrand Abraham. Je salue ici l’éditeur Gallimard pour avoir traduit ce livre en français. Vendu en ligne par la FNAC et Amazon.com ; si vous vous dépêchez, vous pouvez encore le recevoir avant le 8 mai prochain…
C’est le livre par excellence à faire lire dans nos lycées pour (re-)voir l’histoire à taille humaine sans perdre les grandes partitions.

Mak a parcouru tout l’Europe et a tissé l’histoire invraisemblable qui est celle de notre vieille Europe du XXe siècle. Il commence (en janvier) par un état des lieux de la vielle Europe et termine avec les dernières guerres sales du Balkan (en décembre). Tout au long du livre, le lecteur découvre grandes et petites histoires des grands hommes et femmes et des petits gens (les « nous »), qui ont eu la chance d’être à un endroit précis à un moment décisif de l’histoire ou tout le contraire, qui ont vu leurs destins se décliner par l’hasard de la vie : celui d’avoir été à un endroit spécifique au mauvais moment…

Pour avoir eu la chance d’une visite à Berlin dans la semaine qui a suivi la tombée du mur en 1989, je peux ici témoigner de l’importance d’une présence à un de ces endroits précis et à un de ces moments décisifs de l’histoire pour le reste de sa vie. Seulement, j’ai eu de la chance que beaucoup n’ont pas eue…

Si ce livre m’a fait pleuré tout au long de ses 1 200 pages (1 054 en français, cela fait probablement un peu moins de larmes), il a également ravivé mes connaissances sur notre propre histoire récente et complètement bouleversé ma vision sur plusieurs sujets, comme par exemple sur l’adhésion ou non de la Turquie.

J’ai beaucoup pensé à Mak ces derniers jours, en écoutant les discours de Nicolas Sarkozy. Notamment sur le génocide et la solution finale, sur son NON à la Turquie, sur Mai 68 et son héritage.

Mak nous oblige à être modeste par rapport à notre histoire et quelque part à ce que nous sommes devenus, grâce ou malgré elle. Il ne s’agit pas de dénoncer les grands mouvements comme Mai 68, c’est pour le moins populiste et pour le pire dangereux. Pourquoi dénoncer, si on veut revenir sur certains aspects d’une telle période ? Pourquoi toute de suite devenir revanchiste… ?

L’histoire, c’est une grande machine qui marche grâce à nous, mais qui suit son cours malgré nous.

Je sais pertinemment que les « Sarkozistes » font la même chose que ceux qui sont « Royalistes » (ha ! longtemps mal considéré, désormais ce mot à un nouveau sens :-) ).
C’est-à-dire, démontrer que l’autre candidat(e) fait des erreurs monumentales. Il suffit de surfer un peu sur le net pour voir ce que cela donne. Pour ma part, je n’ai pas le temps de faire les deux, j’ai opté pour un des deux :-). Je vous donne une seule adresse, celle d’un vidéo qui parle pour soi. Regardez ce vidéo (non, ce n’est pas une blague, c’est tristement sérieux).

Que le candidat en question révise sa copie de l’histoire et essaye désormais de blesser moins de gens parmi ceux qu’il va a. peut-être / b. probablement gouverner pendant cinq ans (cocher votre choix ici), malgré leur choix personnelle.

Et que tous ceux qui l’ont vu, même sans avoir lu Geert Mak, réfléchissent encore un peu avant de voter pour le candidat de droite dimanche prochain.

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